Abris provisoires au Sénégal : l’Etat rate-t-il le coche ?

Les conditions d’étude pour les élèves et de travail pour les enseignants dans les abris provisoires au Sénégal reste un problème crucial dans le système éducatif sénégalais. Malgré les paroles mielleuses d’un pouvoir étatique qui promet monts et merveilles en octroyant 40% de son budget à l’éducation, il est très curieux de rencontrer des abris provisoires dans le paysage éducatif sénégalais. D’année en année, les abris provisoires poussent comme des champignons sur le territoire national malgré les efforts louables dégagés par l’Etat pour faire disparaître cette « anomalie ». Depuis 2016, le programme « Zéro abris provisoire » doté d’une enveloppe de 125 milliards de FCFA s’est donné comme objectif de construire des écoles de qualité pour une éducation de l’équité et de l’égalité des chances. En 2020, les abris provisoires sont toujours là, narguant l’Etat et les partenaires au développement ! L’on se rend compte que les efforts déployés par l’Etat sont comme une goutte d’eau dans l’océan.

L’éducation pour tous un slogan creux ?

Au tout début, le slogan « Education pour tous » lancé vers années 90, devait répondre à la demande sociale qui estime que tout enfant a droit à l’éducation. Mais après une décennie, force est de reconnaître que les exigences d’une « Education pour tous » sont revues à la baisse avec en filigrane, une présence marquée des abris provisoires au Sénégal. Pour un système éducatif performant, apte à garantir une bonne éducation, le cas des abris provisoires constituent le point noir sur le tableau. En un mot comme en mille, l’existence des abris provisoires ne riment pas avec un système éducatif désireux d’obtenir des résultats probants.

L’impact du coronavirus sur la situation des abris provisoires

Dans le contexte actuel, le système éducatif sénégalais est secoué par la persistance de la pandémie liée au Coronavirus. Un goulot d’étranglement qui a obligé les classes à mettre la clé sous le paillasson, en attendant peut-être, la reprise des cours le 2 juin 2020 pour les classes d’examens. Or l’hivernage pointe à l’horizon. Les huttes ou abris de fortunes ne sont pas taillés pour recevoir des séances d’enseignement durant la période hivernale. Une raison de plus d’engager la réflexion sur la participation citoyenne et collaborative de toutes les forces vives de la nation, des organisations internationales et des personnes de bonne volonté afin d’éradiquer définitivement les abris provisoires au Sénégal.  

« Zero abris », un projet citoyen pour participer à la réhabilitation des abris provisoires

Tous les efforts pour mettre ce phénomène d’abris provisoires aux oubliettes est le bienvenu. Le projet « Zéro abris » s’inscrit dans cette dynamique de réhabilitation des abris provisoires en intégrant une composante webmapping permettant de géolocaliser et de suivre l’évolution du processus d’éradication des écoles de fortune. Les enseignants sont au cœur de l’initiative. Leur participation dans le cadre de la géolocalisation des abris provisoires garantit la fiabilité et l’exhaustivité des données recueillies sur le terrain. Le but ultime, c’et de réduire drastiquement le nombre d’abris provisoires via des coopérations avec de potentiels partenaires au développement ou de toute personnes désireuses de participer au projet.   

L’éducation est la base de tout développement ! Les élèves doivent acquérir le savoir dans des conditions idoines afin d’entrevoir un futur mieux préparé et plus certain.

Anonyme